L'association créée par Edgar Cayce
Edgar Cayce's A.R.E.
  L'association créée par Edgar Cayce : A.R.E. 
  Association for Research and Enlightenment, Inc
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La télépathie


(Causerie organisée à l’Hôpital Cayce, le dimanche 15 février 1931)


Le sujet de cet après-midi est la télépathie ou communication à distance par la pensée. Ce phénomène relève essentiellement du subconscient.

Je vous rapporterai tout d’abord l’une de mes propres expériences à cet égard. La raison pour laquelle je décidai de ne jamais la renouveler vous indiquera mon point de vue sur la manière dont nous pouvons utiliser la télépathie et lire la pensée de quelqu’un d’autre.

Il y a plusieurs années, je possédais un studio photographique. J’y employais une jeune fille, musicienne de profession, qui s’était mise à faire de la photographie. Elle s’intéressait beaucoup aux phénomènes paranormaux et nous en discutions fréquemment ensemble. J’affirmai un jour que je pouvais obliger n’importe qui à venir à moi. Elle soutint que c’était impossible, ce à quoi je répondis : « Je vous le démontrerai. »

Je réfléchissais moi-même à la question depuis déjà un certain temps, essayant de comprendre la nature de cette grande force qu’est le subconscient. Il me semblait que si l’on faisait abstraction de sa conscience physique pour concentrer son esprit sur des images mentales bien précises, on devait pouvoir se représenter une personne en train d’accomplir quelque chose, et donc l’amener par la pensée à réaliser effectivement cette chose.

La jeune fille déclara : « Je vous crois volontiers d’habitude ; mais ceci, je refuse de le croire. Vous devrez m’en fournir la preuve.
— D’accord, répliquai-je. Nommez-moi deux personnes que, selon vous, je ne peux influencer.
— Je sais par exemple que mon frère ne viendra jamais ici ; monsieur B. non plus, car il vous déteste.
— Demain, avant midi, non seulement votre frère se présentera ici, mais il me demandera de lui rendre un service. Et, le jour suivant, monsieur B. viendra avant quatorze heures.
— Je ne crois rien de tout cela », dit-elle en secouant la tête.

Le lendemain matin, à dix heures, j’entrai dans le studio et m’assis sur une chaise. « Allez-vous essayer d’influencer mon frère par la pensée ? » s’enquit l’employée. Pendant plus d’une demi-heure, je demeurai en méditation, songeant uniquement à ce garçon. Sans doute m’étais-je surestimé en prétendant qu’il solliciterait mon concours, car sa sœur avait mentionné qu’il ne s’intéressait absolument pas à ce que je faisais.

Le studio se trouvait au premier étage d’un bâtiment. On y accédait par un escalier extérieur. Un miroir permettait d’observer ce qui se passait dans la rue. Soudain, je vis le jeune homme s’avancer sur le trottoir et gravir quelques marches. Il s’arrêta, hésitant, puis redescendit et poursuivit son chemin. Au bout d’un instant, il fit demi-tour. Cette fois, il monta l’escalier jusqu’en haut et pénétra dans le studio.

Frappée de stupeur, sa sœur s’écria : « Que viens-tu faire ici ? » L’air gêné, il s’assit sur le bord de la table, tournant son chapeau entre les doigts. Il répondit finalement : « Eh bien, hier soir j’ai eu des difficultés au magasin et tu m’as tellement parlé de monsieur Cayce que j’ai pensé qu’il pourrait peut-être m’aider. » Sa sœur faillit tomber à la renverse.

Le jour suivant, à onze heures, je m’assis de nouveau sur la même chaise. La jeune fille me dit : « Je suppose que vous réussirez aussi avec monsieur B., puisque vous y êtes parvenu avec mon frère. » Je lui expliquai que je ne tenais nullement à être présent quand cet homme arriverait, car il n’avait aucune considération pour moi. De toute façon, il ne saurait pas ce qu’il faisait là. Plus tard, l’employée me conta qu’il était passé vers midi et demi, durant mon absence. Elle lui avait demandé ce qu’il désirait. « Ma foi, rien. J’ignore au juste pourquoi je suis monté jusqu’ici », avait-il répondu. Puis il était ressorti.

Ceci est bien de la télépathie, une expression du pouvoir de la pensée, mais c’est aussi s’imposer à quelqu’un. Il s’agit d’une pratique dangereuse appartenant au domaine de la magie noire. Nous n’avons pas le droit d’opérer de la sorte, sauf si nous savons exactement ce que nous faisons. Il serait parfois souhaitable de contrôler nos enfants de cette manière. Néanmoins, même cela pourrait s’avérer nuisible. Les lectures signalent que quiconque force autrui à se soumettre à sa volonté se comporte en tyran. Dieu ne nous contraint pas à accepter Ses desseins. Il respecte notre libre arbitre.

Si la télépathie ne doit pas être employée pour imposer notre volonté, quel rôle peut-elle jouer dans notre vie ? Telle est la question.

Tout ce qui est bon devient néfaste en étant appliqué à mauvais escient. Comment donc pouvons-nous utiliser la télépathie de façon constructive ? Voici la meilleure formule que je connaisse : ne demandons pas à autrui de faire ce que nous ne ferions pas nous-mêmes. Gardons-nous-en bien ! Le Maître ne l’a jamais exigé.

Aujourd’hui, on entend beaucoup parler du pouvoir de la pensée. Les publicités annoncent : « Acquérez la puissance mentale qui vous permettra de contrôler les autres. » Il est dangereux de chercher à contrôler une personne dans le but de l’amener à faire notre volonté. Cependant, si nous dirigeons notre pensée vers cette personne pour qu’elle accomplisse la volonté de Dieu ; si nous tentons de l’influencer mentalement, tout comme nous le ferions en sa présence, afin qu’elle connaisse la lumière et la vérité, alors la situation est différente. Avez-vous déjà prié pour quelqu’un ? Avez-vous déjà supplié Dieu d’aider une personne à transformer sa vie ? Voilà une bonne utilisation du pouvoir mental ! La force agissante doit être de nature divine.

Après cette première expérience ayant eu lieu dans mon studio, il m’arriva encore d’essayer de démontrer le pouvoir de la pensée. Toutefois, en approfondissant le sujet, je pris la décision de ne plus recommencer. Ceux d’entre vous qui désirent contrôler autrui par la puissance de leur pensée peuvent le faire. Mais attention ! L’élément même que vous cherchez à contrôler dans l’autre causera votre perte.

En Atlantide, les forces mentales étaient très développées. De nombreuses personnes faisaient se matérialiser des choses par la seule puissance de leur pensée. Nous savons ce qu’il arriva aux Atlantes quand ils employèrent cette force de manière égoïste. Ils furent anéantis !

Le plus grand péché du monde actuel est l’égoïsme et la tentative qui en résulte pour dominer la volonté d’autrui. Nous voulons souvent dire aux autres comment mener leur existence. Nous cherchons à leur imposer nos opinions. Dans la plupart des couples, chaque conjoint tente de dicter à l’autre la conduite à suivre. Avons-nous pris conscience que nous sommes responsables de nous-mêmes devant Dieu ? Nous ne pouvons répondre pour les autres et ceux-ci ne peuvent répondre pour nous. Il incombe donc à chacun de rectifier ses propres voies. Le chemin qui mène à Dieu est droit et resserré. Nous nous élevons en observant les lois divines, non pas en essayant de contrôler nos semblables.

Le pouvoir de la pensée existe de nos jours, tout comme il existait en Atlantide. Or l’utilisation de cette force à des fins égoïstes engendre invariablement le mal. Quel usage ferons-nous de notre pouvoir mental ? Il est possible de le développer afin d’imposer notre volonté à autrui ; mais c’est là un droit que nous n’avons point. Par contre, nous pouvons communiquer aux gens notre expérience, puis les laisser libres de leurs choix.

Si nous employons le pouvoir de notre pensée pour être des instruments de Dieu et des Forces Créatrices, alors nous utilisons noblement ce pouvoir. Toutefois, si nous l’employons pour servir nos intérêts personnels, nous deviendrons semblables au fils de perdition, et cela nous détruira.


 


 

 

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